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L’Atelier & L’Artiste

D’où je viens

Ici, dans cet établissement, on peut tout « fer »!

Tout a commencé, dés le premier jour, en entendant monsieur Benoît, notre professeur, un gars de Marseille, nous dire :

Ici, dans cet établissement, on peut tout « fer »!

J’avais 16 ans et mes yeux, ce jour-là, se sont grands ouverts, tout écarquillés : Toutes ces machines, ces outils, dans ces ateliers où flottaient les vapeurs aigre-douce du métal, c’était de la folie!          

Même que j’en ai eu le tournis…

Puis après mon CAP ?  Et bien ça a continué : Toujours ce même désir de jouer avec le feu, d’assembler des pièces métalliques entre elles au moyen de la fusion. Dans ce processus quasi « alchimique » qui fait qu’une chose se transforme en une autre, ces formes dans ma tête sont, peu à peu, devenues armoires, causeuses, tabourets, tables, divans….

Et puis encore après ?  Tout bonnement des rencontres et des hasards.  Avignon d’abord,  » la ville théâtre « , avec, en été,  ces écrivains, acteurs, metteurs en scène, ingénieurs du son, et autres créateurs… et la découverte des choses de l’esprit qui l’accompagne. Je deviens constructeur  de décors pour le spectacle, et ce, pendant 16 ans.

Puis, encore une fois, j’ouvre tout grands les yeux. Je glisse, doucement, de l’objet utilitaire à la sculpture pour m’y abandonner aujourd’hui, complètement. 

Le souvenir d’une visite chez ce sculpteur savoyard dont les œuvres délicates me font encore aujourd’hui rêver n’y était sans doute pas pour rien dans ce processus de transformation...

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Ma philosophie

« La sculpture n’est pas, pour moi, une question de matière. C’est une quête de métamorphose. Quand je regarde un morceau de ferraille, je ne vois pas de la rudesse ; je vois une promesse qui ne demande qu’à être révélée.

Depuis mes premiers pas dans l’atelier, à 16 ans, j’ai appris que l’on pouvait tout « fer ». Cette découverte a guidé toute ma vie. Aujourd’hui, mon travail est devenu une alchimie : je cherche à apprivoiser cette dureté brute pour en extraire la grâce, la courbe et la tendresse qui sommeillent en elle.

Chaque œuvre est pour moi un acte de patience. Je ne forge pas seulement le métal ; je sculpte le temps et le silence. Je cherche à créer des refuges de sérénité, des objets qui invitent à la contemplation et qui transforment un espace en une expérience poétique.

Mon art ne cherche pas à être imposant. Il cherche à être un miroir. Il est là pour vous prouver que la douceur peut naître du froid, et que la beauté physique est une histoire que l’on peut graver dans l’éternité du métal. Au fond, mon art ne se regarde pas ; il se ressent profondément. »

Mon atelier